couscous de poisson
24 novembre 2017
Bulletin N°45 – Décembre 2017
20 juillet 2019

Chapitre Extraordinaire du 17 mai 2019 en l’hôtel de l’Intendant de la Marine à Toulon.


Tenir un chapitre de Méduse dans l’hôtel de l’Intendant qui, en quelque sorte, a vu naître et grandir l’Ordre est un retour aux sources chargé de symboles et d’émotion.

Ont été intronisés en qualité de Chevaliers de Mémoire et de Tradition le 17 Mai 2019:  
Le Chef de Musique de Classe Exceptionnelle Marc Sury, chef de la Musique des Équipages de la Flotte de Toulon, le Capitaine de Frégate Franck Auffret, Commandant du BCR VAR et le Maître Vincent Prudhon, chef de l’ensemble baroque de la Musique des Equipages
.
Discours de Monsieur le Commissaire Général des Armées Jean-François Hiaux, chef du Groupement de Soutien de la base de défense de Toulon :

Grand Maître, Amiral, Messeigneurs de la Commanderie, Messieurs les officiers généraux, Mesdames Messieurs,

C’est pour moi un très grand honneur de recevoir l’ordre de la Méduse, ici, dans l’Hôtel de l’Intendant, pour deux raisons à la fois très simple et très puissante : L’hôtel dans lequel vous vous trouvez a été occupé par l’Intendant du Roy Girardin de Vauvré dès 1694, celui-là même qui a organisé et refondé l’ordre illustre des chevaliers de Méduse après son « invention » à Marseille vers 1690 et dont il est le vrai créateur. Peu d’ordre bachique fondé au 17è siècle peuvent se réunir au 21è siècle dans les murs mêmes de leur fondateur. Comme dans le théâtre classique, il y a unité de lieu, de temps et d’action : « Qu’en un lieu, en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. »
Alors, profitant de l’alignement des planètes qui autorise notre cérémonie ce jour, je voudrai rappeler très brièvement le vadémécum du voyageur dans le temps que vous devenez tous un peu aujourd’hui en évoquant un homme, un lieu et un Grand Œuvre.
I L’homme tout d’abord, c’est bien sûr Girardin de Vauvré. Depuis cette demeure, où la marine vous accueille aujourd’hui, Girardin de Vauvré, dont une reproduction du portrait est toujours en bonne place, est Intendant du Roy, fonction crée par Louis XIV en 1659. Le Roy décide « d’établir une personne qui puisse faire résidence actuelles aux lieux où se feraient les escadres de vaisseaux pour y administrer nos finances et diriger les choses selon nos intentions ». Dans ces fonctions qu’il va exercer pendant 35 ans, Girardin de Vauvré se révèle un très grand commis de l’Etat manifestant toutes les qualités requises pour le service du Royaume.
 
II  Le lieu ensuite : c’est l’Hôtel de l’Intendant où trois siècles vous observent en majesté car l’architecture du grand siècle, ce siècle de fer disait Saint Simon a donné au classicisme français ses lettres de noblesse. Observez : c’est à fois noble et dépouillé, Cet hôtel est très certainement l’un des seuls hôtels particuliers de Toulon survivant aux vicissitudes du temps comme à la deuxième guerre mondial.
Construit en 1685, il été loué au nom du Roi par Girardin de Vauvré en 1694 pour en faire l’hôtel de l’Intendant. La résidence officielle de l’Intendant « la Maison du Roy, superbe bâtiment construit en 1650, venait en effet de brûler entièrement et des recherches avaient été faites immédiatement dans la ville pour trouver une maison digne et confortable pour la  remplacer.
 Le choix se porta sur cet hôtel édifié en 1685 pour le Sieur Pierre de Gravier, Capitaine de Vaisseau de la Marine Royale qui consentit à le louer pour 1400 Livres par an.
Tout au long du 18è siècle, l’hôtel reçoit en ses murs les hauts personnages de passage à Toulon : en 1700, le duc d’Anjou, futur Philippe V d’Espagne qui ouvre la dynastie des Bourbons d’Espagne ; en 1770 il reçoit la princesse de Modène et différents ambassadeurs, ministres comme Maurepas ou Choiseul et en 1777, le Comte de Provence, frère du Roi et futur Louis XVIII accompagné par l’Empereur d’Allemagne. En 1783, l’Hôtel reçoit le Bailli de Suffren à son retour de la mer des Indes, accueilli par l’Intendant Malouet dont le buste figure toujours à l’Hôtel
III Le Grand Œuvre enfin. Il est double
D’une part, Girardin de Vauvré met toute son influence à donner son essor à l’Ordre Illustre des Chevaliers de méduse et préside, en cet hôtel même de nombreux et brillants chapitres.
D’autre part et parce qu’il est un honnête homme, ayant des lumières de tout, Girardin de Vauvré ajoute à ses talents la création musicale d’oeuvres légères et délicieuses que l’ensemble baroque de la Musique de la Flotte nous évoque pour combler tous nos sens.

Avant de revenir au 21ème siècle, siècle pressé, productiviste à souhait et finalement austère à sa façon, goutons nos trois siècles d’histoire et les huiles qui les accompagnent.
Le grand Maître de l’Ordre des Chevaliers de Méduse, Monsieur Jean-Pierre Boyer, va nous expliquer comment se lampent aujourd’hui les huiles au sein de la moderne mais toujours Illustre  Société de Méduse.

Intervention de Monsieur Jean Pierre Boyer, Grand Maître de l’Ordre Illustre des Chevaliers de Méduse :

Monsieur le Commissaire Général,
Amiral,
Messieurs les officiers généraux
Mesdames, Messieurs,


Je tiens à remercier très sincèrement le Commissaire Général Hiaux pour son invitation à tenir chapitre en l’hôtel de l’intendant et pour les aimables paroles qui viennent d’être dites.
Tenir un chapitre de Méduse dans l’hôtel de l’Intendant qui, en quelque sorte, a vu naître et grandir l’Ordre est un retour aux sources chargé de symboles et d’émotion.
Nous étions déjà solennellement revenus en ces lieux le 4 Février 2006 pour tenir le chapitre historique des retrouvailles de l’Ordre de Méduse et de la Marine Nationale, après plus de deux cents ans de silence réciproque.
L’ordre illustre des chevaliers de Méduse, créé en 1690, a en effet subi une longue éclipse après la Révolution française jusqu’à sa renaissance en 1951, lorsque des vignerons Provençaux , animés par le Baron de Rasque de Laval, propriétaire du château de Sainte Roseline, cherchèrent à donner à leur région de Provence un symbole identitaire fort leur permettant de valoriser tout à la fois de lointaines traditions et les crus du terroirs.


La nouvelle confrérie de Méduse, qui a repris l’appellation originelle d’Ordre Illustre des Chevaliers de Méduse, a pour objet principal de soutenir les cinq terroirs vinicoles d’où sont issues les appellations d’origine contrôlée de la Provence méditerranéenne à savoir les AOC Bandol, Bellet, Cassis, Côtes de Provence, coteaux varois en Provence, Palette.
L’ordre a également pour objet, dans le droit fil des statuts originels, de développer entre les membres l’amitié, l’entraide et la fraternité tout en maintenant vivaces les traditions et le souvenir des grandes heures des siècles passés, en liaison notamment avec la Marine Nationale.
Mais, avant d’aller plus loin, pourquoi cette appellation d’Ordre de Méduse ? Méduse, dans la Mythologie, est l’une des trois Gorgones, les deux autres étant Sténo et Euryale. Méduse, à la différence de ses sœurs, est mortelle et son regard pétrifie tout être vivant dont le regard vient à croiser le sien. Persée tua Méduse en lui tranchant la tête mais même tranchée, la tête de Méduse gardait la faculté de pétrifier ceux dont elle croisait le regard. C’est à ce vieux mythe que les fondateurs de l’Ordre de Méduse ont, semble-t-il, fait référence en l’appliquant cette fois aux produits de la vigne qui ont, comme les yeux de la Gorgone, la capacité de rendre aussi immobile que la pierre tout adorateur trop empressé.
L’Ordre de Méduse restauré organise deux grands chapitres solennels extra-muros chaque année au cours desquels des chevaliers sont intronisés ou promus dans l’Ordre selon le rituel fixé par les statuts du 17
ème siècle. Par ailleurs, de nombreux chapitres extraordinaires ont lieu chaque année, tel celui que nous tenons aujourd’hui en l’Hôtel de l’Intendant, chapitres souvent organisés à l’occasion de manifestations publiques.


Méduse rayonne également à l’international et a compté jusqu’à trois Prieurés au Canada, un dans l’ile de Saint Barthelemy ainsi qu’un prieuré itinérant sur le paquebot de croisière «  the world » qui, toute l’année, sillonne les mers du globe.
En 2006, une étape décisive a été franchie et les liens originels liant l’Illustre Société et la Marine Française ont été restaurés. En effet, en mémoire du créateur de l’Ordre, Jean Louis Girardin de Vautré, il a été proposé de créer le titre de chevalier de Mémoire et de tradition, qui est un grade conféré pour la durée de leur affectation aux principaux responsables de la Marine Nationale en Méditerranée. Ainsi le Préfet Maritime de la Méditerranée, l’Amiral Commandant la Force d’Action navale, le commissaire Général Directeur du Groupement de soutien de la base de Défense de Toulon et le Commandant du Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement le Var sont-ils systématiquement reçus dans l’Ordre en qualité de Chevaliers de Mémoire et de Tradition.
Le premier chevalier de Mémoire et de Tradition à avoir été institué a été le Vice-Amiral d’Escadre Jean-Marie Van Huffel, préfet maritime de la Méditerranée, reçu dans l’Ordre le 4 Février 2006 lors du chapitre historique de retrouvailles organisé ici, dans l’Hôtel de l’Intendant, chapitre déjà rehaussé par la présence de l’Ensemble Baroque de la Musique des Equipages de la Flotte.
C’est pourquoi nous avons souhaité dédier à la Musique ce chapitre anniversaire de la restauration des liens séculaires qui nous unissent à la Marine.
Au cours de ce chapitre, nous introniserons, avec le Commandant du Var, membre de droit de l’Ordre, Monsieur Marc Sury, chef de la Musique des Equipages de la Flotte ainsi que le chef de l’ensemble Baroque.
Mais avant d’ouvrir le chapitre, notre Grand Légat va vous présenter l’histoire de la Société chantante et littéraire qu’était Méduse et ses rapports étroits avec la Musique.


Intervention de Monsieur Pierre Lasserre, Grand Légat de l’Ordre Illustre des Chevaliers de Méduse
Histoire tricentenaire d’une société chantante et littéraire.
Ou les rapports étroits de l’Ordre de Méduse  avec la Musique et les Arts.
 
Monsieur le Commissaire Général,
Amiral,
Messieurs les Officiers Généraux,
Mesdames, Messieurs,
 

En France, rares sont les lieux dans lesquels une même fonction –ou une fonction comparable- a été exercée sans interruption depuis l’Ancien Régime.
 
Tel est pourtant le cas de l’Hôtel de l’Intendant de Marine de Toulon où un peu de l’histoire de notre Marine Nationale est passé.
 
Comme vient de nous le dire le Commissaire Général Hiaux, l’Hôtel est indissociable de la personne du premier Intendant à occuper les lieux, Jean-Louis Girardin de Vauvré.
 
Il était né à Paris en 1647. Devenu  Commissaire Général en 1673, il fut l’Intendant du Port de Toulon pendant près de 35 ans, de 1680 à 1714 mais il ne s’installa qu’en 1694 dans l’Hôtel où nous sommes aujourd’hui réunis.
 
C’est depuis cet Hôtel composé de  trois étages sur rez de chaussée et caves et doté d’un beau jardin d’agrément aujourd’hui disparu que Girardin de Vauvre a exercé ses lourdes fonctions d’Intendant du Port de Toulon et des armées navales du Levant.
 
C’est  également depuis cet hôtel qu’il en a exercé de plus légères au profit de notre Ordre de Méduse, qui est un Ordre de Chevalerie bachique institué à Marseille aux environs de l’année 1690.
 
Vauvré n’a donc pas été à proprement parler l’initiateur de l’ordre mais il en a été l’indispensable organisateur et le véritable créateur. Car c’est  à Toulon, dans cet hôtel,  que l’Ordre de Méduse s’est constitué et a pris une envergure nationale, sous l’impulsion déterminante de l’Intendant du Port.
 
Vauvré rejoignit l’Illustre Société en 1693 et, quelques années plus tard, il devint Bienfaiteur de l’Ordre et Grand Prieur de Haute et Basse Provence.
 
Pendant 25 ans, il organisa Méduse, l’anima et lui donna toute son importance si bien que l’Ordre va essaimer dans toute la Provence et, grâce à la Marine du Roi, va investir les ports du royaume situés sur la façade atlantique.
On trouve ainsi des Prieurés de Méduse implantée à Bandol, puis à Rochefort, Brest, Cherbourg et Dunkerque, enfin à Paris.
 
Pour régir Méduse, Vauvré fit paraitre vers 1700 des statuts intitulés « les agréables divertissements de la table ou les règlements de l’Illustre Société des Frères et sœurs de Méduse » car l’Ordre était mixte dès l’origine.
 
Les statuts traitent largement du principal objectif de l’Illustre Société, qui était de permettre à ses membres, et tout particulièrement aux officiers de marine à leur retour de mer, de profiter de la douceur de la vie au cours d’abondantes agapes bien arrosées au sein d’une compagnie joyeuse, cultivée et spirituelle.
 
Pour marquer leur différence, ils emploient des termes qui leur sont propres : Ainsi, le mot boire est proscrit donc ils « lampent » et font « la lampée » en l’honneur de Méduse.
De même, l’ « Huile », c’est-à-dire le vin, est versée dans la lampe, c’est-à-dire le verre, où elle fait rayonner la flamme sacrée, symbole de l’esprit, de la connaissance et du cœur.
 
Si les frères et sœurs de Méduse se doivent de lamper les huiles, ils se doivent également d’être vertueux et surtout pas ivrognes.
 
Dans ses stances à Méduse, Jacques Vergier a traduit en vers cette obligation:
 
« Loin d’ici, crapuleux ivrognes,
   Lourdauts piliers de cabaret
   Notre huile excellente n’est pas faite
   Pour oindre vos vineuses trognes. »
 
 
Mais les agapes n’étaient pas le seul objectif de l’Ordre.
 
L’Illustre Société avait en effet un rôle permanent d’assistance envers ses membres, notamment lorsqu’ils étaient victimes des combats contre les barbaresques, combats fréquents en Méditerranée au XVIIe siècle. Ainsi, le paiement des rançons était-il une des finalités de la Confrérie, si d’aventure un membre de l’Ordre venait à être capturé et réduit en esclavage.
 
Par ailleurs, l’Ordre a toujours été un foyer d’émulation littéraire et surtout musical, ce qui se traduisait par des chansons, des poèmes ou des épîtres que les frères et sœurs de Méduse composaient  pour animer les chapitres, lesquels se tenaient une fois par mois dans un même lieu. À Toulon, ces chapitres se tenaient en  l’Hôtel de l’Intendant.
 
Jean Louis Girardin de Vauvre était lui-même un grand amateur de musique au point que l’Amiral Alexandre de Bourbon, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, également mélomane averti, lui fit don, pour le remercier de l’accueil qu’il lui avait réservé à Toulon après la bataille victorieuse de Malaga, d’une pièce de clavecin composée tout spécialement à l’intention de Vauvré par François Couperin. Cette pièce, numéro 5 dans le douzième ordre des œuvres de Couperin, est baptisée en toute simplicité « La Vauvré » et nous la faisons encore jouer à l’occasion.
 
 
La musique est également au centre de l’œuvre du poète attitré de l’Illustre Société, le Commissaire de la Marine Jacques Vergier, en poste pendant vingt-cinq ans à Dunkerque où il créa un prieuré de Méduse.
La présence au sein de l’Ordre de cet ami de La Fontaine, reconnu par ses contemporains pour la qualité de ses contes, de ses fables et surtout de ses chansons montre à l’envi que l’art lyrique et celui de la versification étaient pratiqués assidûment au sein de Méduse.
 
Vergier a excellé dans le genre parodique, c’est-à-dire dans l’art d’ajuster des paroles à des airs connus. Ses parodies musicales, écrites pour la plupart sur des airs d’opéra de Lully, que chantait volontiers de mémoire le public d’alors, ont connu un grand succès dans tout le Royaume de France et étaient chantées aussi bien à la Cour de Versailles que sur le Pont Neuf à Paris et dans les Provinces.
 
Les équipages de la Marine Royale chantaient également volontiers les œuvres  de Jacques Vergier.  Ainsi, le Secrétaire d’Etat à la Marine, Jérôme de Pontchartrain lui écrivait-il, le 11 Septembre 1694, « J’ai entendu chanter avec plaisir, à Brest, votre chanson dans nos vaisseaux. On dit que vous l’avez faite impromptue. » .
 
 
Parmi les chansons de Vergier, les plus remarquables sont  les parodies bachiques et les chansons de table, qui ont été appréciées de son vivant dans toutes les classes de la Société.
 
Est-il besoin de rappeler l’importance sociale des réunions bachiques dont la vogue fut si grande au 17ème et au 18éme siècle et où chaque convive était tenu de fournir son écot, c’est-à-dire sa chanson, car il n’est pas d’endroit où l’on chante plus volontiers qu’à table.
 
 -Méduse a donc été un foyer littéraire et musical incontestable qui a marqué son temps, comme l’ont fait d’autres sociétés bachiques qui, en cette fin du XVIIe siècle, ont largement contribué à la création de rassemblements  littéraires à travers l’ensemble du Royaume. Ainsi sont nées nos académies de Province et l’Académie du Var reconnait volontiers l’Ordre de Méduse pour son lointain ancêtre.
 
-Méduse a également été un foyer de cohésion pour les officiers de la jeune Marine Royale de Louis XIV. Comme le souligne l’Historien Daniel Dessert, leur recrutement socialement diversifié et mentalement hétérogène, induisait son problème principal, à savoir constituer un groupe unifié et cohérent. Quelle distance en effet  entre l’officier matelot issu de la marine marchande et l’officier soldat, souvent aristocrate issu de l’armée de terre ….
Humblement mais avec efficacité, l’Ordre de Méduse a contribué à accélérer cette cohésion en réunissant dans une association élitiste à laquelle il était de bon ton d’appartenir, des officiers de diverses origines sociales ou professionnelles pour s’amuser, chanter, versifier, boire et manger. Car on ne fraternise jamais aussi bien qu’à table et qu’en chantant !
 
En cela, Méduse a bien servi la Marine.
 
-Méduse enfin a été un foyer de progrès. En effet, l’Ordre était mixte dès l’origine et au sein de ce   cénacle littéraire et chantant, une grande liberté de ton entre les frères et les sœurs était de mise, sans que jamais, semble-t-il, l’Illustre Société glissât, au moins de manière ostensible, vers le libertinage ou la licence.
 
Il est vrai que certaines surenchères littéraires ambiguës n’étaient pas absentes des poèmes adressés aux sœurs, ainsi qu’il ressort de celui-ci :
           
«Quand auprès d’une aimable sœur
On a la lampe pleine
On sent une noble douceur
Qui nous tient en haleine
A peine on forme des désirs
Qu’on a tout ce qu’on aime
Et l’on goûte les vrais plaisirs
Qu’on goûtait à Thélème. »
 
Avec de tels arguments, il n’est pas surprenant que l’Ordre de Méduse ait conquis sans mal le cœur des officiers du Roi.
 
Je vous remercie.

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