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Les membres… le Bottin mondain de l’époque !

ordre-de-la-meduse-gravure-comte-boyer-de-toulonDans ses notes pour servir l’histoire des sociétés de buveurs en Provence au XVIIIéme siècle, Laurent de Crozet écrit ceci au sujet du petit volume des statuts de Méduse : « on ne sait trop effectivement en le lisant s’il est question d’une joyeuse compagnie de buveurs ou d’une pieuse congrégation instituée par quelque évêque ou ecclésiastique de sainte et vénérée mémoire ».

Cette ambiguïté est sensible dès les premiers articles des statuts où il est écrit :

  • article premier : « Aucun ne pourra être admis dans l’Ordre de Méduse qu’il ne soit catholique, de bonnes mœurs, point médisant ,blasphémateur ni ivrogne. S’il est convaincu d’un de ces vices, il ne pourra être reçu sous quelque prétexte que ce soit. »et
  • article cinq : « Mais comme dans la société de Méduse, il n’y a rien qui doive être détesté comme le monde et ses maximes et que les frères et sœurs doivent se servir entre eux de termes propres au dit ordre seulement, il est très expressément défendu à tous les frères et sœurs de se servir de ceux de vin, boire, verre, de monsieur et de madame qu’ils doivent regarder comme odieux à notre mère Méduse mais s’exprimer par ces noms amoureux et onctueux d’huile, de lampe, lamper, et de mes frères et mes sœurs,qui lui sont mille fois plus agréables et plus conformes à l’union et à la charité qui doivent régner entre les frères et les sœurs »Qu’en termes plaisants ces choses là sont dites…

C’est au cours d’un des chapitres mensuels que les postulants étaient reçus dans l’ordre. Auparavant, un rapporteur était tenu de demander aux frères et aux sœurs un nom pour le postulant qui le puisse caractériser autant qu’il est possible. Une fois trouvé ce nom, en fait ce surnom, le Président du chapitre devait envoyer au grand maître le surnom et le nom de famille de frère reçu, après l’avoir enregistré au catalogue des frères.

Les surnoms étaient souvent très colorés :

Le grand Prieur de Provence était frère bienfaisant, le Grand Maître frère Nécessaire, le Grand Cellérier frère Ardent. Les sœurs étaient également gratifiées de surnoms parfois curieux : Sœur judicieuse, sœur gracieuse, mais également sœur agaçante ou sœur désirée.

Grâce au catalogue des frères et des sœurs, nous connaissons les surnoms utilisés mais aussi et surtout le véritable nom patronymique des chevaliers de Méduse.

A coté des noms d’officiers de marine, de magistrats, de notables, on trouve parmi les membres qui ont adhéré à la société entre 1690 et 1720 des noms bien connus au sein de l’aristocratie. Le catalogue des frères et des sœurs est en fait un véritable bottin mondain où voisinent :

le comte de Grignan et le marquis de Langeron, vieilles connaissances de l’Académie du Var qui s’illustrèrent lors du siège de Toulon de 1707.

Rappelons que le Comte de Grignan, gouverneur de Provence en l’absence du Duc de Vendôme et que le marquis de Langeron, commandant de la flotte sont, avec Girardin de Vauvre et le Maréchal de Tesse, des personnages de premier plan pour la défense de Toulon. Il est plaisant de les imaginer , lors des rares moments de répit dans les attaques des troupes du Duc de Savoie, sacrifiant, en ce mois de Juillet 1707, au rituel de Méduse à l’occasion de chapitres organisés en son Hôtel par le Grand Prieur de Provence.

Parmi les Chevaliers de Méduse, le nom du Duc de Vendôme, Gouverneur titulaire de la Provence voisine avec ceux du Duc de Feuillade.

On trouve également le nom du marquis de Monaco, de François Auguste de Forbin, Marquis de Solliers, celui de monsieur de Montmort, Intendant des galères à Marseille et de Monsieur de Vaucresson, Intendant des îles de L’Amérique.

François de Boyer de Foresta, seigneur de Bandol, figure en bonne place, si bonne qu’il finira par épouser la fille de Girardin de Vauvré.

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