Les membres… le Bottin mondain de l’époque !
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La pétrification dite « du jeu de Méduse »
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Un ordre fraternel qui doit assistance à ses membres

Mais ces agapes n’étaient pas le seul objectif de l’Illustre Société car l’Ordre avait en outre un rôle d’assistance pour ses membres, notamment lorsqu’ils étaient victimes des combats contre les Barbaresques, combats fréquents en Méditerranée au 17ème Siècle.

Ainsi le paiement des rançons était une des finalités de la Confrérie si d’aventure, un membre de l’Ordre venait à être capturé par un corsaire ou un pirate barbaresque.

L’article 10 des statuts est très clair sur cette obligation : « L’union et la concorde où doivent être les frères et les sœurs, les engageant à s’aimer et à se secourir unanimement les uns les autres si quelque accident involontaire arrivait malheureusement à quelqu’un des membres de la Société , tout l’Ordre s’y intéressera fraternellement et fera son possible pour lui aider à le soulager, n’épargnant ni ses soins ni ses amis et même si quelqu’un tombait malheureusement entre les mains des infidèles en captivité, tous les frères et sœurs seront obligés de se cotiser pour son rachat »
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Voilà une vraie et belle obligation fraternelle qui honore les Chevaliers de Méduse, qui devaient certainement s’acquitter du rachat en étroite collaboration avec l’Ordre religieux des Trinitaires.

Par ailleurs, je suis persuadé que, sous l’impulsion de Girardin de Vauvré, homme d’une grande culture et qui aimait les arts, l’Ordre a encouragé une certaine forme de créativité littéraire qui se traduisait par des chansons, des poèmes ou des épîtres que les frères et sœurs de Méduse composaient pour animer les chapitres, lesquels se tenaient une fois par mois dans un même lieu.

Ce souci est attesté par l’opuscule édité par Méduse en 1700 puis en 1712 dont la première partie est consacrée aux odes à Méduse et dont la dernière s’intitule « chansons à Méduse ». De même, on peut lire dans la troisième partie consacrée aux règles de Méduse, l’article suivant : « Lorsque quelqu’un des frères chantera les chansons à la louange de notre délicieuse et désaltérante mère, ou une chanson à lamper, il est défendu de le pétrifier. »

Enfin, la présence au sein de Méduse de Jacques Vergier, poête reconnu par les grands de son temps et que certains contemporains comparaient à Jean de La Fontaine, montre à l’envie que l’art de la versification n’était pas étranger à Méduse.

Pour le reste, Girardin prit bien soin de cultiver l’ambiguïté et de donner aux statuts de Méduse un tour de bouffonnerie sérieuse qui est inimitable.

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