VINS DE PROVENCE

Les origines de la vigne en provence

A l'origine, à la fin du 18ème siècle notre confrérie bachique de l'Ordre Illustre des Chevaliers de MEDUSE avait pour objectif de réunir les Officiers de la Marine Royale et leurs amis pour célébrer les vins de Provence.

L'ordre disparut à la révolution mais devait renaître en 1951 sous l'impulsion du Baron Henri de Rasque pour valoriser les grands vins de Provence que sont les Appellations d'Origine Controlées : Bandol, Bellet, Cassis, Coteaux Varois en Provence, Côtes de Provence et les dénominations de terroirs Côtes-de-Provence Sainte Victoire, Côtes-de-Provence Fréjus et Côte de Provence La Londe , ainsi que Palette et faire revivre les traditions tricentenaires de l'Ordre Illustre des Chevaliers de Méduse.

La liste des Viticulteurs membres de Méduse est disponible dans les documents en téléchargement

Un peu d'histoire

La Provence demeure le tout premier vignoble de France
puisqu’il est vieux de 26 siècles
Lorsqu'on savoure un vin de Provence, c'est un peu d'histoire que l'on déguste. Une histoire qui a débuté il y a 2 600 ans, quand les Phocéens fondent Marseille et introduisent pour la première fois en France, une fabuleuse plante : la vigne. Depuis, l'art de sa culture et la tradition viticole ont fait du chemin. Toutefois, historiquement, la Provence demeure le tout premier vignoble de France.

A partir du IIe siècle avant J-C, les Romains s'installent sur les terres ligures colonisées quatre siècles plus tôt par les Phocéens. Ils développent la culture de la vigne et organisent la Provincia Romana : la Provence.

C'est l'époque de la fondation du port militaire de Fréjus, Forum Julii et de la ville d'Aquae Sextiae, Aix-en-Provence. Puis Rome étend son empire et la vigne se glisse dans les pas des conquérants. C'est ainsi que le vignoble se fixe progressivement dans d'autres régions gauloises : Vallée du Rhône, Beaujolais, Bourgogne, Gascogne et Bordelais.

L'influence des moines et de la noblesse

Après la chute de l'Empire Romain, il faudra attendre le Haut Moyen Age pour voir la vigne se développer à nouveau en Provence, sous l'influence cette fois des grands ordres monastiques. Du Ve siècle au XIIe siècle, les abbayes de Saint-Victor à Marseille, Saint-Honorat sur Iles de Lérins, au large de Cannes, Saint-Pons à Nice et du Thoronet produisent du vin qui n'est pas uniquement destiné à la consommation des moines ou à l'élaboration de vin de messe. Soigneusement commercialisé, il contribue notablement aux revenus des établissements monastiques. A partir de XIVe siècle, les grandes familles nobles, les notables du royaume puis les grands officiers de l'armée royale vont acquérir et gérer de nombreux vignobles provençaux et construire les fondations de la Provence viticole moderne.

La Géologie unique de nos terroirs

Deux grands ensembles géologiques, l'un cristallin et l'autre calcaire, coexistent en Provence. Toute la zone ouest et nord du vignoble provençal est constituée d'une alternance de collines et de barres calcaires sculptées par l'érosion. On y trouve des sites remarquables tels la montagne Sainte-Victoire, le massif de la Sainte-Baume ou encore les Gorges du Verdon. Plus à l'Est, face à la mer, affleurent les massifs cristallins des Maures et du Tanneron. Les paysages, très différents des précédents, sont composés de collines et de petites montagnes aux courbes plus douces, couvertes de végétation arbustive et de forêts. En continuant vers l'Est, entre Saint-Tropez et Cannes, cet ensemble cristallin est troué de traînées éruptives aux roches souvent étonnantes comme les porphyres colorés du massif volcanique de l'Estérel.

Des sols généralement pauvres et bien drainés

A ces deux ensembles géologiques (calcaire et cristallin) correspondent deux formations végétales caractéristiques de la zone méditerranéenne : la garrigue sur sol calcaire et le maquis sur sol cristallin. Aucun de ces deux types de végétation ne peut constituer d'importants apports en humus. En règle générale, les sols de la Provence viticole sont donc pauvres, bien drainés mais souvent sensibles à l'érosion. Ces terrains peu profonds, sans excès d'humidité, conviennent parfaitement à la plante méditerranéenne qu'est la vigne.

Un climat méditerranéen, ensoleillé, chaud et sec

L'ensoleillement est la première caractéristique du climat provençal avec 2700 à 2900 heures par an. Les températures sont particulièrement élevées en été, mais la diversité du relief ménage souvent à peu de distance, des différences importantes. Comme toute zone méditerranéenne, la Provence reçoit ses précipitations, parfois violentes, en automne et au printemps. Les étés sont secs et chauds, parfois brûlants dans l'intérieur, lors des journées sans vent.

Le Mistral, un vent violent mais bénéfique à la vigne

Les vents sont nombreux en Provence et font partie intégrante du climat de la région. Le plus fort et le plus connu est bien entendu le Mistral. Glacial en hiver après avoir glissé sur les neiges alpines, il apporte en été une certaine fraîcheur. Violent et capricieux, le Mistral n'en possède pas moins une qualité remarquable pour le vignoble provençal : vent très sec, il protège la vigne des attaques des maladies liées à l'humidité.

Les cépages de provence

Notre région offre une palette de cépages variés.

En Provence, la variété du relief et du climat offre une large palette de cépages caractéristiques. Plus d'une douzaine entrent régulièrement dans l'élaboration des vins d'appellations d'origine de la Provence. Certains d'entre eux constituent une base que l'on retrouve dans la majorité des vignobles de la région, alors que d'autres sont plus spécifiques à certaines appellations.
Les cépages « rouges et rosés »
LA SYRAH : Ses petites baies noires aux reflets bleutés donnent des vins solides et colorés, rudes les premières années car riches en tanins, mais particulièrement aptes à un vieillissement prolongé. Avec les années, son évolution apporte au vin des notes caractéristiques de vanille, de havane et de fruits rouges confits.

LE GRENACHE : Ce cépage originaire d'Espagne, très employé dans les Coteaux d'Aix-en-Provence, donne aux vins jeunes des arômes élégants de petits fruits rouges, puis, avec l'âge, il évolue vers des notes plus épicées et animales. Il apporte alors au vin du gras, de l'ampleur et de la puissance.

LE CINSAULT : Goûteux et d'un bel aspect, ce cépage d'origine provençale a longtemps été utilisé comme raisin de table. Largement utilisé en Provence pour l'élaboration des vins rosés, il apporte au vin fraîcheur, finesse et fruité, nuançant la puissance d'autres cépages.

LE TIBOUREN : Cet authentique provençal, délicat et élégant, offre aux rosés la finesse de ses arômes et la richesse de son bouquet. Il est le partenaire privilégié des autres cépages provençaux.

LE MOURVÈDRE : Ses petits grains serrés préfèrent les terroirs chauds et calcaires. Ce cépage à maturation lente - qui aime regarder la mer pour mûrir convenablement - donne des vins charpentés aux tanins fins et bien affirmés exprimant dans leur jeunesse des arômes de violette et de mûre. Son velouté et sa souplesse, accompagnés de notes caractéristiques d'épices, de poivre et de cannelle, se révèlent après plusieurs années de vieillissement en cave.

LE CARIGNAN : Adapté aux sols pauvres, ce cépage fort répandu en Provence par le passé tend à se faire plus discret. Cultivé en coteaux avec de faibles rendements, il donne des vins charpentés, généreux et colorés qui constituent une excellente base d'assemblage.

LE CABERNET SAUVIGNON : Peu répandu en Provence, il apporte au vin une charpente tannique, puissante et douce à la fois, qui facilite le vieillissement : son nez caractéristique de poivron vert et de cassis le distingue des autres cépages.
Les cépages « blancs »
LE ROLLE (ou VERMENTINO, variété très proche) : Cépage d'origine ligure, cultivé depuis toujours en Provence, il est à la fois robuste et d'une très grande qualité gustative. Il donne des vins aux parfums d'agrumes et de poire, gras et équilibrés, d'une grande finesse de corps et d'arômes.

L'UGNI BLANC : Ce cépage d'origine toscane, aux baies rondes et juteuses, permet d'obtenir un vin clair et fruité, d'une grande finesse.

LA CLAIRETTE : Ce très ancien cépage de Provence produit peu mais ses grains oblongs offrent des vins aromatiques et bouquetés aux notes de fruits à chair blanche.

LE SEMILLON : C'est un cépage vigoureux, productif, mais craignant la pourriture. Utilisé en faible proportion, il apporte au vin de la puissance aromatique, du gras, de la rondeur et une belle élégance avec des nuances de fleurs blanches et de miel.

LE BOURBOULENC BLANC : Ce cépage tardif, très rustique et robuste, reste discret en Provence. Il apporte aux vins une touche de finesse et de rondeur
Elaboration du rosé